Samedi 4 juillet 2009
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Chez jean de la fontaine, la morale de l'histoire est soit au début soit à la fin.
Dans le texte qui va suivre, elle en est la chute.
Hans Carvel pris sur ses vieux ans
Femme jeune en toute matière
Il prit aussi soucis cuisants ;
Car l'un sans l'autre ne va guère.
Babeau (c'est la jeune femelle,
Fille du bailli Concordat)
Fut du bon poil, ardente, et belle
Et propre à l'amoureux combat.
Carvel craignant de sa nature
Le cocuage et les railleurs,
Alléguait à la créature,
Et tous les livres les meilleurs :
Blâmait les visites secrètes ;
Frondit l'attirail des coquettes,
Et contre un monde de recettes,
Et de moyens de plaire aux yeux,
Invectivait tout de son mieux.
A tous ces discours la galante
Ne s'arrêtait aucunement ;
Et de sermons n'était friande
A moins qu'ils fussent d'un amant.
Cela fesait que le bon sire
Ne savait tantôt plus qu'y dire,
Eut voulu souvent être mort.
Il eut pourtant dans son martyre
Quelques moments de réconfort :
L'histoire en est très véritable.
Une nuit, qu'ayant tenu table,
Et bu force bon vin nouveau,
Carvel ronflait près de Badeau,
Il lui fut avis que le diable
Lui mettait au doigt un anneau,
Qui lui disait... : je sais la peine
Qui te tourmente, et qui te gêne ;
Carvel, j'ai pitié de ton cas,
Tiens cette bague, et ne la lâche.
Ce que tu crains point ne sauras,
Point ne seras sans que le saches.
Trop ne puis vous remercier,
Dit Carvel, la faveur est grande.
Monsieur Satan, Dieu vous le rende,
Grand merci Monsieur l'aumônier.
Là-dessus achevant son somme,
Et les yeux encore aggravés,
Il se trouva que le bon homme
Avait le doigt où vous savez.
Jean de la Fontaine " l'Anneau " Contes et nouvelles en vers
(1665-1666)
Par DID GHOST RIDER
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Publié dans : amour
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